La petite cuisine de l’investissement – Episode 8 – Bien envelopper les produits

Pour une préparation parfaite de mes investissements, je les enveloppe comment ? Un compte titres ou une assurance vie ?

Grand classique de la cuisine de l’investissement, nous abordons aujourd’hui la question du choix de l’enveloppe avec cette question simple.

J’ai ma petite préparation de fonds indiciels bien diversifiée, à frais mesurés, et prête à cuire. Mais vient alors la question : serait elle mieux dans une compte titre ou une assurance-vie ?

Car cette question vient toujours à l’esprit : le contrat d’assurance-vie possède des frais récurrents (parfois élevés) alors qu’un compte en ligne aucun.
Oui mais le contrat d’assurance-vie permet « capitaliser » les plus-values et revenus et ne payer les impôts qu’à la sortie.
Alors on fait quoi ? Et bien on calcule…

Un premier cas simple

Commençons donc par une simple comparaison entre un contrat d’assurance-vie en ligne (frais de gestion annuels 0,6%) et un compte titres également en ligne  (droits de garde annuels 0%).

Supposons par ailleurs que les mêmes ETFs sont disponibles sur les deux enveloppes (ce qui n’est pas une si grosse hypothèse, les contrats avec des ETFs sont désormais très fréquents), et qu’on peut donc partir sur une allocation exactement identique des deux cotés.

Alors, si un particulier (personne physique donc) place 100.000€ sur 15 ans et gagne du 4% annualisé sur ces investissements cela donne quoi ? Ceci bien sûr  après liquidation des enveloppes en fin de période (et donc fiscalité sur une base forfaitaire similaire de 30% des plus-values) et si il ne bouge absolument pas entre temps (hypothèse forte, nous y reviendrons) ?

Petit tableau de résultat de cette simple simulation :

Dans ce cas simple, bien sûr, le compte titres l’emporte. Sur-performance de 15%. Logique, la capitalisation n’y joue pas du tout alors que les frais de l’assurance-vie jouent à plein.

Bravo nous venons d’enfoncer une porte ouverte. Mais bon c’est un début.

L’autre extrême

Reprenons le même exemple mais avec un scénario tout aussi extrême, mais dans l’autre sens: une réalisation complète de l’ensemble des plus-values chaque année sur le compte titres. C’est bien sûr une très mauvaise idée, mais cela permet de mesurer l’impact maximum que peut avoir l’effet « capitalisation ».

Ceci ne change strictement rien coté assurance-vie (en considérant que le rendement brut ne change pas ou très peu, et reste de toute façon identique des deux cotés ce qui est plus important pour notre comparaison ). Coté compte titres on va donc payer les impôts chaque année. Le tableau devient alors :

Et bien là aussi, le compte titres l’emporte. C’est un peu moins net, mais même dans ce cas extrême, très irréaliste pour un particulier, le compte titres l’emporte.

Remarquons que ce cas très irréaliste pour un particulier, ne l’est pas du tout pour une société imposée à l’impôt sur les sociétés, et qui va devoir déclarer chaque année les plus-values latentes comme réalisées.

Enfin un cas plus réaliste

Reprenons maintenant le même exemple mais cette fois-ci avec un scénario un peu plus réaliste : un rééquilibrage régulier des titres détenus afin de maintenir une allocation et un niveau de risque à peu près constant.

On peut estimer (explication hors champs de ce petit article, peut-être un prochain) que ce seul objectif, qui exclus toute forme de tentative de « timer le marché », et ce limite donc à ce petit coup de cuillère régulier pour équilibrer le mélange, entraine pour une allocation très simple en ETFs un taux de roulement de l’ordre de 30% par an et une réalisation approximativement identique des plus-values latentes accumulées.

Et cette fois on arrive à ce résultat :

Bref. Le compte-titres vainqueur. Encore une fois pas de surprise. L’effet « capitalisation des plus-values » n’est pas assez fort pour contrebalancer les frais de l’assurance-vie, ici à 0,6% ( et n’oublions pas qu’ils peuvent monter jusqu’à 1% voir plus sur certains contrats… ).

En somme…

La petite question qui vient en tête est alors : à combien faudrait il que les contrats d’assurance-vie baissent leurs frais pour espérer être compétitifs avec un simple compte titres dans les hypothèses de ce dernier cas ?

Allez on vous donne le chiffre c’est plus simple : 0,19%

A ce niveau de différentiel de frais le contrat d’assurance-vie redeviendrait compétitif par rapport à un compte titres. On en est loin... à bon entendeur pour les assureurs qui nous lisent…

Alors bien sûr on connait la rengaine : oui oui les contrats d’assurance-vie offrent en plus une fiscalité successorale attractive, des possibilités de transmission uniques et l’accès au fonds euro. On sait.

Mais bon, pour ceux parmi nous qui n’ont pas de problèmes successoraux immédiats et qui ne veulent pas du fonds euro ( très souvent à raison ), on va dire que la question du choix entre les enveloppes, elle est désormais vite répondue. Surtout si on ajoute à cela les autres avantages du compte titres – grande réactivité et grande disponibilité des titres et fonds, en particulier des ETFs que les assureurs continuent de faire rentrer au compte-goutte et en tordant le nez dans leurs contrats.

Conclusion : pensez au compte titres. Il est souvent une bien meilleure solution qu’on ne pense.

On espère que cette petite recette vous aidera. A bientôt pour une nouvelle !

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