L’infographie du lundi : le naufrage des experts

Photo Davide Ragusa sur Unsplash

C’est lundi, c’est ravioli.

Sur notre blog, le lundi, c’est le jour de l’infographie.

Parce qu’une bonne illustration permet de comprendre des concepts parfois plus difficiles à expliquer avec des mots.

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la fiabilité des prévisions des experts.

L’expert est partout et il est indispensable : escarmouches en mer d’Oman ? L’expert ès escarmouches en mer d’Oman donne son « éclairage » sur les plateaux des chaînes d’information en continu. Menaces d’augmentation des tarifs douaniers sur le vin français aux Etats-Unis ? L’expert ès tarifs douaniers sur le vin français monte au créneau.

L’expert pullule dans le secteur financier. Il y a l’expert ès budget, l’expert ès macro-économie, l’expert ès valorisation des entreprises, l’expert ès prévisions sur les taux de change. A quand l’expert ès experts ?

L’expert est un des multiples rouages de la machine à capter l’attention.

Sauf que.

Sauf que l’expert se trompe. Et se trompe même souvent et beaucoup. Tellement que c’en est embarrassant.

Illustration de ce naufrage des experts dans un article récent du Wall Street Journal, dont est extraite l’infographie d’aujourd’hui.

Le quotidien économique a comparé les prévisions de 50 « experts », des économistes, sur l’évolution du taux de l’obligation d’Etat à 10 ans émise par le gouvernement des Etats-Unis (le 10-year Treasury Note),1 avec la réalité.

L’axe vertical permet de lire le niveau du taux d’intérêt de cette obligation. L’axe horizontal est l’axe temporel. On démarre en janvier 2019, alors que le taux du 10 ans est d’environ 2,6%.

On demande alors à 50 économistes experts leurs prévisions sur le niveau de ce taux à fin juin (End of June) et à fin décembre 2019 (End of 2019). Ces prévisions sont matérialisées par les points dans diférentes teintes de rouge.

Pour la grande majorité des experts, le taux va monter entre janvier et juin.  La moyenne des prévisions à fin juin est de 3,39%. Les prévisions extrêmes à fin 2019 sont de 2,5% et 4%, la moyenne (le célèbre « consensus ») est orientée à la hausse.

La courbe noire représente l’évolution réelle du taux à 10 ans pendant le premier semestre : il a baissé, jusqu’à un niveau d’environ 2,1%. Pas un seul des 50 experts n’avait envisagé une telle baisse.

Ces experts sont-ils nuls ? Non, ce sont tous des professionnels bien formés.

Les prévisions des experts financiers sont-elles utiles ? Nous pensons qu’elles ne servent à peu près à rien, car les marchés financiers obéissent à des mécanismes qui ne permettent pas d’anticiper avec fiabilité2.

De plus, même si l’expert prédit correctement l’occurrence d’un événement futur (par exemple qu’il n’y aura pas d’accord sur le Brexit entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni), il semble très difficile, voire impossible de prévoir la réaction des marchés.

En matière de gestion de portefeuille, il me semble infiniment préférable de ne pas dépendre de prévisions d’experts et de se concentrer sur quelques éléments maîtrisables : votre taux d’épargne, le choix des enveloppes, le choix d’une l’allocation d’actifs permettant de maximiser la probabilité d’atteindre votre objectif, le choix de produits très diversifiés, la maîtrise des frais.

Le mot de la fin au regretté Pierre Dac (1893-1975) :

La prévision est difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir !

 

L’infographie du lundi : mon pays à l’ère de la globalisation

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C’est lundi, c’est ravioli.

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Aujourd’hui, nous allons nous intéresser avec Morningstar à la notion de pays pour les actions.

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La petite cuisine de l’investissement – Episode 5 – Tu me le fais à combien cet ETF ?

C’est bien d’avoir réussi à choisir un titre ou un fonds indiciel coté, maintenant il faut aussi savoir le négocier !

En effet, car si le choix du bon titre (ou du bon ETF)  est une étape essentielle et pas si anodine que cela (voir notre précédent article sur le sujet), ce choix ne suffit pas à lui seul à finaliser l’investissement.

Car après avoir choisi son titre, l’investisseur est toujours confronté à une épreuve supplémentaire : il doit « passer son ordre ». Et là, la première fois qu’il essaie courageusement de s’y coller, il peut prendre peur.

Car passer un ordre sur les marchés c’est comme découper un poulet, c’est très simple, mais la première fois, on n’a pas la moindre idée de comment s’y prendre. On y arrive toujours, mais dans quel état !

Voici donc les bases pour s’y prendre correctement, et simplement.

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L’infographie du lundi : forts vents de face

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Aujourd’hui, nous allons nous intéresser avec Good Value for Money aux frais encourus par les détenteurs d’un contrat d’assurance vie pour la partie unités de compte.

L’assurance vie pèse lourd, très lourd en France : 1745 milliards d’euros à fin avril 2019.

Dans un contrat d’assurance vie, il y a sa majesté fonds en euro, qui représente 80% du total (soit près de 1400 milliards d’euros) : sécurité élevée, performance de plus en plus faible mais supérieure ou égale à zéro.

Il y a aussi les unités de compte, qui sont des fonds dont la valeur fluctue et n’est pas garantie.

L’assurance vie a de nombreux avantages, mais c’est aussi un piège à frais. Ces derniers étant généralement prélevés sans que l’assuré n’ait à régler de facture, il est donc essentiel : 1. d’avoir conscience de leur existence ; 2. de les minimiser.

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L’infographie du lundi : le prix à payer

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Aujourd’hui, nous allons nous intéresser au risque du placement en actions, et à la relation entre ce risque et le temps qui passe.

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L’infographie du lundi : la performance des actions disséquée

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Aujourd’hui, nous allons nous intéresser aux trois composants de la performance  des actions.

On peut en effet décomposer la performance d’une action en trois éléments (ou « moteurs ») : l’évolution des prévisions de bénéfices, le dividende et l’expansion (ou la contraction) du multiple de valorisation (combien de fois les investisseurs sont-ils prêts à payer les bénéfices futurs).

Chacun de ces éléments fluctue. Mais là où les deux premiers (le bénéfice et le dividende) ne dépendent pas directement des investisseurs, le troisième (le multiple) dépend directement de leur humeur, qui est loin d’être constante.

Nous allons nous appuyer sur une infographie parue récemment sur le blog de la société BlackRock, dans un article essayant d’expliquer la surperformance du marché des actions aux Etats-Unis depuis 2008 par rapport aux autres grands marchés d’actions.

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L’infographie du lundi : la surperformance ne dure pas

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Aujourd’hui, nous allons nous intéresser aux performances passées, dont nous devrions tous savoir qu’elles ne préjugent pas des performance futures, mais que nous achetons néanmoins car c’est principalement ce qui est mis en avant par les distributeurs pour vendre un produit financier.

Les poètes ont à peu près écrit sur tout, et ce depuis longtemps.

Ainsi Malherbe (vers 1555-1628)  dans la Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille :

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses
L’espace d’un matin.

 

La surperformance existe par construction (dans une population de fonds donnée, sur une période suffisamment courte, il y aura toujours des fonds surperformants par rapport à un indice représentatif de leur univers d’investissement), mais elle vit aussi l’équivalent de « l’espace d’un matin » pour un investisseur, c’est-à-dire pas assez longtemps pour en profiter.

C’est ce que montre S&P DJ Indices, un grand fournisseur d’indices, dans une étude récente.

Pour mémoire, cette société analyse depuis plus de 16 ans les performances de la gestion active dans son étude SPIVA (dont il a été question dans cette infographie du lundi).

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La petite cuisine de l’investissement – Episode 4 – Bien choisir sa part de fonds

Les fonds d’investissement peuvent être découpés en plusieurs parts. Voici comment bien choisir la sienne.

Nous sommes nombreux à utiliser les fonds d’investissement, ou, comme on les appelle dans le milieu, les « OPC » (Organismes de placement collectifs). Les fameuses SICAV (Sociétés d’Investissement à CApital Variable) et autres FCP (Fonds Commun de Placement).

Mais on ignore souvent que loin d’être des produits financiers uniques, ces fonds sont souvent découpés en plusieurs parts. Et cela a de l’importance.

Voici la liste de ces parts et des conseils pour bien les choisir.

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L’infographie du lundi : gare au trading !

C’est lundi, c’est ravioli.

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Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’impact des transactions sur la performance.

Georges Brassens chantait « Gare au gorille ! »

L’investisseur en fonds pourrait chanter « Gare au trading ! »

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