L’infographie du lundi : la France, combien de divisions ?

C’est lundi, c’est ravioli.

Sur notre blog, le lundi, c’est le jour de l’infographie.

Parce qu’une bonne illustration permet de comprendre des concepts parfois plus difficiles à expliquer avec des mots.

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser au poids des actions françaises sur les marchés mondiaux et à son évolution entre 1899 et 2019.

 

L’infographie ci-dessus est parue dans l’édition 2019 du Credit Suisse Global Investment Returns Yearbook.

Cette publication annuelle du Research Institute de Credit Suisse s’appuie sur les travaux de trois universitaires anglais, Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton.

Dimson, Marsh et Staunton sont des spécialistes de l’histoire financière et ont constitué une base de données mondiale de la performance des actifs financiers.

Le résumé de cette publication peut être téléchargé gratuitement ici (en anglais).

Que nous dit cette infographie ?

Que le poids de la bourse française dans le total des bourses répertoriées était de 11,5% fin 1899.

Nous étions alors la quatrième place boursière, derrière le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Allemagne.

120 ans plus tard, la France est à la cinquième place.  Presque rien n’a changé.

Presque.

Si ce n’est que le Royaume-Uni a laissé sa place de numéro 1 aux Etats-Unis, qui représentent… 53% de la capitalisation boursière mondiale.

Et que les valeurs françaises ne représentent plus que 3,3% de la capitalisation mondiale, soit moins de 30% de leur poids 120 ans plus tôt.

Entre temps, il y a eu deux guerres mondiales et le réveil de la Chine.  Le Japon, en dépit de sa défaite en 1945, est devenu le deuxième marché boursier, loin derrière les Etats-Unis, mais loin devant le Royaume-Uni.

L’une des décisions les plus importantes pour les épargnants est celle de l’allocation d’actifs : à savoir la répartition entre les différentes catégories de placements (liquidités, fonds en euro, obligations ou fonds obligataires, fonds diversifiés, actions ou fonds actions, etc.).

Cette décision s’applique également au sein de chaque catégorie : pour les actions, il s’agit de décider à quelles valeurs s’exposer (pays, secteur, taille).

Un des travers fréquents chez les investisseurs en actions du monde entier est le biais domestique. Sous ce nom se cache la tendance naturelle à donner un poids très (trop) important aux valeurs de son propre pays.

En raison de notre proximité avec des sociétés que nous côtoyons au quotidien, nous les considérons comme plus prometteuses et plus sûres.

Si ce biais peut se concevoir dans le cas des Etats-Unis (première économie mondiale, très grande diversité sectorielle), il est beaucoup plus préjudiciable aux épargnants des « petits » pays (petits au sens du poids de la bourse locale dans les marchés mondiaux).

L’infographie du Credit Suisse remet la France à sa place : celui d’un marché boursier parmi les plus importants au monde, mais ne représentant plus que 3,3% de la capitalisation mondiale.

Ne l’oubliez pas quand vous constituez votre portefeuille d’actions : la diversification est essentielle.

Vous vous demandez d’où vient le titre de ce post (« La France, combien de divisions ? ») ? D’après les mémoires de Churchill, à Pierre Laval qui lui demandait en 1935 d’assurer la liberté de culte des catholiques dans l’Union Soviétique, Staline aurait répondu : « le Pape, combien de divisions ? »

Photo Davide Ragusa sur Unsplash

 

 

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