La petite cuisine de l’investissement – Episode 4 – Bien choisir sa part de fonds

Les fonds d’investissement peuvent être découpés en plusieurs parts. Voici comment bien choisir la sienne.

Nous sommes nombreux à utiliser les fonds d’investissement, ou, comme on les appelle dans le milieu, les « OPC » (Organismes de placement collectifs). Les fameuses SICAV (Sociétés d’Investissement à CApital Variable) et autres FCP (Fonds Commun de Placement).

Mais on ignore souvent que loin d’être des produits financiers uniques, ces fonds sont souvent découpés en plusieurs parts. Et cela a de l’importance.

Voici la liste de ces parts et des conseils pour bien les choisir.

Je vous la sers en Capitalisation ou en Distribution ?

Nous avions déjà évoqué le sujet dans l’article consacré au choix des ETF. Les fonds (tout comme les ETF qui sont des fonds) ont la possibilité de choisir s’ils distribuent chaque année leur résultat ou s’ils le capitalisent.

Ce choix, qui est neutre en principe pour l’investisseur (le résultat lui appartient qu’il soit dans le fonds ou en dehors), peut avoir des conséquences fiscales. En gros il va devoir payer ses impôts tout de suite plutôt que… plus tard à la vente des parts.

Comment les reconnaître ?

Le nom des fonds à distribution contient souvent les mention « Inc. » ou « Dis ». Les fonds de capitalisation eux seront suivis de « Acc » ou « Cap« .

Jusque là, pas de problème. Très simple.

Je vous la couvre ?

C’est une autre possibilité pour faire varier l’exposition réelle de l’investisseur sans vraiment changer les actifs sous-jacents.

Pour les fonds ayant une exposition importante à des actifs libellés en devises étrangères, il est parfois proposé des parts dites « hedgées » en franglais de France. Ce sont logiquement des parts dont l’exposition en devise étrangère est couverte par une vente de ladite devise contre la devise souhaitée (souvent celle du pays de l’investisseur).

L’actif qui est détenu ne change pas.

Ainsi, un fonds investissant exclusivement en actions américaines (en dollar… « obviously« ) peut proposer une part non couverte où vous serez exposé  à la variation du cours des titres ET à la variation du dollar par rapport à l’euro…

… ou une autre part « couverte » où vous ne supporterez que le risque de  variation des cours des titres américains et pas celui de la variation de la devise.

Comment les reconnaître ?

Facile, c’est comme le port salut, c’est marqué dessus.

Cherchez les mentions comme « hedged EUR » ou « couvert en EUR« . La monnaie exprimée est celle vers laquelle la couverture est réalisée.

 Vous la voulez avec un peu, beaucoup ou énormément de frais ?

L’immense majorité des fonds, en dehors des variantes précédentes, peuvent en effet être découpés en parts supportant des niveaux de frais différents.

Attention, ce sont exactement les même actifs (actions, obligations…) qui sont détenus à l’intérieur. La performance brute est exactement la même, mais les frais diffèrent grandement et la performance nette aussi.

Parts institutionnelles

Vous ne savez probablement pas ce que c’est et c’est normal, car pour l’immense majorité d’entre vous, vous n’y avez pas accès. Désolé.

Il s’agit des parts réservées aux institutionnels c’est à dire les caisses de retraites (fonds de pension), fonds d’investissements, grosses associations, fondations, compagnies d’assurance… Tous ceux qu’on appelle les « zinzins ».

Ces parts ont des frais nettement plus bas que  ceux des autres parts. Ainsi, si une part « retail » (voir ci-après) d’un fonds actions européennes a en général en France des frais de l’ordre de 1,5% à 2% par an, la part institutionnelle pourra n’avoir à supporter que 0,5%. Et hop, 1% de gagné (ou de perdu, tout dépend de quel côté vous êtes).

L’accès aux parts institutionnelles est généralement soumis à un montant d’investissement minimum. Ainsi il faudra souvent investir  100.000€ ou plus dans un seul fonds pour y avoir accès.

Comment les reconnaître ?

Les parts institutionnelles portent la lettre « I » à la fin de leur nom. C’est une convention très respectée et vous pouvez vous y fier. Si vous tombez sur un fonds qui a des frais trop beaux (bas) pour être vrais, c’est qu’il s’agit probablement d’une part institutionnelle.

Parts « Retail »

Il s’agit des parts destinées au grand public. Elles sont chères car elles contiennent deux couches de frais qui s’additionnent :

  1. Les frais du gérant : la société qui fait le travail de gestion
  2. Les frais du distributeur : l’intermédiaire qui vous vend ce fonds. Cet intermédiaire peut être selon le cas votre courtier, agent général d’assurance, banquier. Il va toucher ces frais (que vous payez sans vous en apercevoir) tant que vous détiendrez ces parts, même si il ne vous rend aucun service.

Ces frais, indolores car déduits directement de la performance du fonds, sont prélevés par la société de gestion et versés à l’intermédiaire sans que l’investisseur n’en soit informé.

Comment les reconnaître ?

Les parts retail sont plus difficiles à différencier car leur appellation n’est pas standardisée. Souvent elles ne portent pas de lettre particulière à la fin, même si elles peuvent porter la lettre « R » comme « Retail », ou « P » comme « Particulier ». On peut trouver également des parts « A ».

Bonne nouvelle (ou pas), la plupart du temps on ne vous proposera que ces parts.

Parts « Propres » ou « Clean shares »

Il s’agit toujours de parts destinées in fine au grand public via un conseiller (banquier privé ou conseiller en investissement financier indépendant au sens de MIF2, comme Alpha & K). Elles sont moins chères que les parts Retail car elles ne contiennent plus de rémunération pour le distributeur. Elles ne contiennent que la rémunération du gérant.

Ces parts sont les petites dernières, elle viennent d’arriver (en tout cas de commencer à être utilisées). En effet, suite à la directive MIF2 qui oblige désormais les banques privées à rendre l’ensemble des rétrocessions (la fameuse part distributeur des frais), les banques privées ont commencé à les introduire dans les portefeuilles de leurs clients.

Les courtiers et conseillers en investissement financier non indépendants refusent bien sûr de les proposer, car sinon ils ne seraient plus payés ! N’oubliez pas de leur demander si il n’y en a pas de disponibles pour remplacer les parts « retail » qu’ils vous conseillent !

Comment les reconnaître ?

Ces parts, nouvelles, n’ont pas vraiment de convention d’appellation. On peut trouver ainsi des parts « M » ou toute autre lettre pas encore utilisée par le fonds. Mais rien de standardisé pour le moment. On trouve même des parts « clean » avec la même lettre « A » que pour les parts grand public.

Surtout, leurs frais, tels que définis dans le DICI (document obligatoirement fourni avec chaque fonds), sont forcément inférieurs à ceux de la part retail tout en étant supérieurs à ceux de la part institutionnelle. Demandez le DICI et comparez avec les autres parts disponibles.

Pour conclure, la règle fondamentale, quelles que soient les parts et les lettres utilisées, est  de prendre connaissance des frais et de les limiter.

 

 

 

 

 

 

 

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